Archives par mot-clé : Royaume-Uni

Colloque : Services militaires et mobilisations (fin XIXe – XXIe siècles)

L’invasion de l’Ukraine par la Russie en février 2022 puis l’élection de Donald Trump pour un nouveau mandat de président des États-Unis provoquent en Europe un renouveau du débat sur la conscription et, plus généralement, sur les mobilisations de type militaire. Pour autant, le retour pur et simple au temps du service militaire, tel qu’il peut exister en France dans la première moitié du XXe siècle, n’est pas envisageable. Les années 1968 et la perte de poids de ce régime spécifique de citoyenneté qu’est le port de l’uniforme, autrement dit l’affranchissement du fait militaire et guerrier qui s’observe dans la péninsule armoricaine comme au sein de toutes les démocraties libérales occidentales d’alors, impose de trouver une nouvelle voie. Ainsi, annonçant le 27 novembre 2025 à Varces (Isère) l’instauration d’un « service national, volontaire et purement militaire », Emmanuel Macron déclare : « Nous ne pouvons pas revenir au temps de la conscription, mais nous avons besoin de mobilisation ». À en croire le Président de la République, qui repousse l’universel en la matière au motif que « nos armées n’ont plus vocation à encadrer ni à accueillir la totalité d’une classe d’âge, ce qui représente entre 600 000 et 800 000 jeunes », ce modèle contribuera à maintenir la France dans son statut d’armée « la plus efficace d’Europe ». Il ne fait pas de doute qu’une telle mesure renvoie pour une assez large part à des considérations de politique intérieure et entre en résonnance avec un imaginaire associant à la conscription l’endurance du soldat. Comme si, en définitive, le retour de la perspective de la haute intensité imposait le recours à des solutions déjà éprouvées. Cette perpétuation du mythe de la levée en masse est d’ailleurs pleinement assumée par le Président puisqu’il s’agit, à l’en croire, d’être « fidèle, en cela, à cette chaîne des temps qui relie les volontaires de l’an II jusqu’aux maquisards des Glières et du Vercors », en passant serait-on tenté d’ajouter par les champs de bataille de Verdun et de la Somme.

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Le Pacifique : espace de détotalisation de la Grande Guerre ?

L’ouvrage que fait paraître M. Reynaud chez Passés Composés, volume portant sur la Première Guerre mondiale dans l’espace Pacifique, est de ceux qu’il faut connaître tant la bibliographie disponible sur ce conflit dans cette partie du monde est lacunaire[1]. Cette référence s’imposera donc, à n’en pas douter, comme un manuel indispensable à quiconque souhaite travailler sur cette partie du globe : chercheurs patentés, étudiants ou simples curieux y trouveront leur compte. Mais il n’est pas interdit de penser que ce livre parviendra à toucher un public beaucoup plus vaste tant, en définitive, il invite à se poser un certain nombre de questions qui dépassent très allègrement l’espace Pacifique.

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Couverture du troisième numéro de Sao Breiz (détail). Collection particulière.

Sao Breiz : au-delà des clichés bretons

L’association Sao Breiz, qui prend à partir du 18 juillet 1942 la succession de Fidel Armor, regroupe pendant et après la Seconde Guerre mondiale un certain nombre de Bretons de la France libre[1]. Cette institution n’est pas inconnue et a notamment été mise largement à contribution lorsqu’il s’est agi pour certains d’écrire l’histoire de la « conscience bretonne » en Seconde Guerre mondiale, tout du moins lorsque celle-ci était investie aux côtés de la Résistance[2]. Bien évidemment, une telle approche n’a pas été sans susciter un certain nombre de polémiques. C’est néanmoins sur un autre terrain que nous souhaiterions nous situer dans le cadre de ce billet, celui d’une approche fonctionnaliste tendant à objectiver cette dimension régionale dans le but de la resituer dans un cadre à la fois spatial et chronologique plus vaste.

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Protéine de coronavirus. National Institutes of Health (NIH).

Covid-19 et War Studies (2)

Le combat contre le Covid-19 n’a rien d’une guerre. Pour autant, cela ne signifie pas que les War Studies ne peuvent pas contribuer à une meilleure compréhension de la situation dans laquelle nous sommes plongés depuis maintenant plusieurs semaines. Bien au contraire. La Première Guerre mondiale, et tout particulièrement l’épidémie de grippe espagnole qui sévit en plusieurs vagues entre 1918 et 1921, constitue ainsi un utile point de référence pour permettre d’appréhender la crise totalement inédite à laquelle nous faisons face. Et ce pour au moins deux raisons.

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