Archives par mot-clé : Progressiste

Alfred Dodds, inspecteur des troupes coloniales en Bretagne (printemps 1906)

Que le quotidien breton L’Ouest-Éclair rende compte au printemps 1906, en l’espace de quelques lignes, de la visite qu’effectue, en tant qu’inspecteur des troupes coloniales, le général Alfred Dodds en Bretagne n’a rien d’étonnant. Vétéran de 1870 (capturé à Sedan avec l’armée du Rhin, il s’évade puis rejoint l’armée de la Loire puis l’armée de l’Est avant d’être interné en Suisse puis de servir dans l’armée de Versailles réprimant la Commune et est, à cet égard, une bonne illustration de la continuité de l’État pendant la période), ce saint-cyrien (1862-1864) se distingue dès 1868 dans des opérations de maintien de l’ordre à la Réunion avant de participer à de nombreuses campagnes en Afrique et en Indochine. Général de division ayant notamment été commandant en chef des troupes de l’Indochine, il entre au Conseil supérieur de la Guerre en 1904 et compte, à ce titre, parmi les plus éminentes personnalités de l’armée française d’alors[1]. Véritable célébrité de l’époque – un vapeur porte même son nom depuis 1893 – il n’en est pas moins un officier dont le parcours, au-delà des discours simplificateurs, illustre bon nombre d’ambiguïtés de l’histoire de la conquête coloniale. À commencer par une question qui, de prime abord, peut sembler très accessoire : celle de la couleur exacte de sa peau[2].

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Vue panoramique de l'hôtel de la préfecture du Morbihan à Vannes (carte postale, début du XXe siècle). Musée de Bretagne : 970.0049.13949.

A propos de l’arrivée en Morbihan d’Alfred Roth (1909)

Aujourd’hui, le nom d’Alfred Roth n’évoque plus grand-chose. Seuls quelques érudits se rappellent que ce préfet du Morbihan trouve la mort pendant la bataille de la Somme, en tant que sous-lieutenant du 69e RI. C’est donc d’une figure du sacrifice pour la patrie dont il s’agit. Là est d’ailleurs le sens du buste qui est réalisé en son honneur à la fin de la Grande Guerre et qui, un siècle après les faits, trône toujours dans une des salles de la préfecture, à Vannes. Mais, la mémoire étant autant outil politique du temps présent qu’organisation de l’oubli, cette mise en lumière de cette glorieuse mort au champ d’honneur a aussi pour corollaire de plonger dans l’ombre l’action de ce représentant de l’État et, pour ce qui nous intéressera ici, la haine difficilement imaginable suscitée par l’arrivée de ce haut-fonctionnaire en Morbihan. En témoigne la presse, essentiellement morbihannaise, de la seconde partie de l’année 1909.

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Louise Bodin, lors d’un congrès communiste en 1921 à Marseille (photographie de l’agence de presse Meurisse) : Gallica / Bibliothèque nationale de France: Meurisse, 94437.

Louise Bodin au prisme des war studies

Surnommée « la bolchevique aux bijoux », Louise Bodin n’est pas une inconnue. Eminente féministe de la première vague, elle est une figure de la gauche bretonne du premier quart du XXe siècle, une véritable pionnière du Parti communiste qu’elle contribue du reste à implanter en Ille-et-Vilaine[1]. Là est d’ailleurs l’un des premiers liens, évidents, qu’elle entretient avec la guerre, celle de 1914-1918 en particulier et avec les war studies de manière plus générale. Mais il en est d’autres, moins connus et qui méritent toutefois l’attention.

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