Archives par mot-clé : Parti national breton (PNB)

Le fascisme italien en Bretagne

Le stimulant ouvrage collectif que P.-L. Buzzi, S. Mourlane et P. Pinna ont dirigé et consacré au fascisme italien en France de 1919 à 1945 est de ceux qu’il faut doublement connaître, pour des raisons scientifiques d’une part, d’autre part parce qu’il permet de rappeler ce que devraient être les termes du débat public[1]. Comment en effet ne pas remarquer que ce qualificatif est aujourd’hui dans toutes les conversations ou presque, les intentions de vote prêtées aux Rassemblement national suscitant des réactions revendiquant volontiers d’être « antifascistes ». Or, que l’on aime ou non les propositions de ce parti, force est de constater qu’il ne correspond pas à la définition d’une organisation fasciste. Au départ sont en effet les faisceaux italiens de combat (Fasci italiani di combattimento, p. 17), « cellule de base » (p. 21) du Parti national fasciste bientôt doublée, dans tous les sens du terme, par l’appareil d’État (p. 21). L’origine du mouvement remonte au 23 mars 1919, jour de la fondation à Milan par Benito Mussolini des « Faisceaux italiens de combat formés de militants hostiles au socialisme, au libéralisme et au parlementarisme, déçus par le manque de concessions territoriales à l’Italie après la victoire mutilée de la Première Guerre mondiale » (p. 29). Or, en tant que structure partisane, le Rassemblement national est éloigné de cette organisation en ce qu’il repose sur une structure assez fragile et un capital militant restreint, tout du moins au regard des intentions de vote dont il est crédité à longueur de sondages. Il n’est bien entendu pas dans notre intention d’interroger la pertinence de l’importation d’un vocabulaire adapté au champ politique des années 1920-1930, époque du triomphe des partis de masse, pour décrire une ère sensiblement différente, celle de la démocratie d’opinion. La réponse est en réalité dans la question. Mais l’histoire a beau être une science sociale, démarche prétendument molle aux yeux de ses contempteurs, elle ne saurait être livrée à l’impressionnisme lexical et au manque de rigueur. Les mots ont non seulement un sens mais les définitions importent. Aussi les quelques lignes qui vont suivre se limiteront-elles à évaluer l’apport de l’ouvrage de P.-L. Buzzi, S. Mourlane et P. Pinna à la connaissance de l’influence du fascisme italien en Bretagne durant l’entre-deux-guerres.

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La Francisque du marquis

La date du 11 octobre 1942 était censée être marquée d’une pierre blanche pour l’Emsav. En effet, ce jour-là, à l’occasion d’un fastueux jubilé à Rennes, le « maréchal des Français » fait remettre par le préfet Jean Quenette la Francisque à Régis de l’Estourbeillon, « marquis des Bretons pour ses quarante ans de lutte bretonne »[1]. Là s’exprime donc à la fois le credo régionaliste de Vichy mais aussi, d’une certaine manière, l’aboutissement de quatre décennies de combats politiques pour le dirigeant de l’Union régionaliste bretonne (URB). Mais si la mise en scène est savamment organisée, elle demeure ambigüe et, en définitive, ne parvient pas à masquer les dissensions, tant au sein de l’Emsav qu’à l’extérieur du reste. En examinant la manière dont la presse, en Bretagne tout particulièrement, traite de ce jubilé, il s’agira d’essayer de déterminer comment l’opinion – pour délicate d’emploi que cette notion soit – s’accorde des revendications régionalistes en cet automne 1942, alors que tous les yeux sont braqués sur Stalingrad.

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Aux sources de ceux du Buhara

Précieux, le volume que publie I. Delabruyère-Neuschwander l’est à bien des égards[1]. Enquête menée par une fille de déporté-résistant sur le destin de son père pendant la Seconde Guerre mondiale, ce livre est aussi le fruit du travail d’une grande archiviste disposant d’une très vaste connaissance des fonds disponibles. Ce faisant, proposant un récit d’autant plus efficace qu’il est aussi écrit à la première personne, cet ouvrage réussit le tour de force de pouvoir contenter un très large public ; à savoir tant les familles désireuses de partir à la recherche d’un aïeul ayant eu un parcours similaire pendant la séquence 1940-1945 que les historiens les plus chevronnés. En effet, au fil de ces pages richement illustrées, c’est avant tout d’une remarquable sortie de source dont il s’agit : un exercice éminemment utile et mené ici avec brio.

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