Archives par mot-clé : Imbriqué

Portrait de Louis Guérin publié le 21 juillet 1917 dans L'Ouest-Eclair.

Officier et garçon de café

Reconstituer la vie d’un individu en Grande Guerre exige de recourir à de nombreuses et très diverses archives[1]. Mais tout n’est pas qu’affaire de technique, loin de là. La curiosité, l’inventivité mais aussi, il faut bien l’avouer, la sérendipité et une certaine dose de chance, sont ici choses primordiales. C’est à ce prix, et uniquement à ce prix, que toute la complexité du réel, que tout l’enchevêtrement des identités sociales (professionnelles, familiales, politiques et syndicales…) peut se dévoiler. C’est ce que rappelle le parcours étonnant, au croisement du civil et du militaire, du capitaine du 47e RI et patron d’un débit de boissons de Rennes, Louis Guérin[2]. L’appellation de « limonadier » ou de « garçon de café » que l’on retrouve fréquemment dans les archives paraît en effet assez largement abusive : c’est bel et bien d’un chef d’entreprise dont il s’agit ici. Ou précisément de plusieurs entreprises puisque derrière cet établissement se cache en réalité un second café, situé lui à Saint-Malo. Dès lors, la trajectoire du commerçant Louis Guérin se révèle comme tendue par une courbe indéniablement ascendante, et faisant du reste remarquablement écho à son cursus honorum militaire. De là à soupçonner un lien de cause à effet ?

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1942 en tant que concept ?

L’ouvrage que consacrent C. Azouvi et J. Peltier, et publié aux dynamiques Éditions Passés Composés, à l’année 1942 constitue une intéressante synthèse qui rendra bien des services aux étudiants qui, notamment, auraient à travailler sur la Seconde Guerre mondiale[1]. Il est vrai que, comme le rappelle O. Wieviorka dans la préface de ce beau volume, cette année a été érigée par l’historien Henri Michel en « bissectrice de la guerre » (p. 6) et qu’elle constitue à cet égard un objet particulièrement stimulant de réflexion. En d’autres termes, c’est là que, par bien des égards, bascule le sort du conflit. Situé dans une perspective résolument globale, cet ouvrage intéressera néanmoins celles et ceux qui travaillent au fait militaire et guerrier à l’échelle de la péninsule armoricaine. En effet, si le texte invite à d’incessants jeux d’échelles, conformément aux multiples inscriptions géographiques qui définissent tout objet historique, certaines omissions stimulent particulièrement la réflexion[2]. Car si la manière dont les auteurs approchent 1942 est résolument mondiale, il en résulte une analyse du warfare, tant en termes de champs de bataille que d’intériorité des ennemis combattus, qui invite d’une certaine manière à un retour au local pour, au final, mieux interroger la pertinence de ce cadre d’analyse.

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Carte postale. Collection particulière.

La commune : événement local, écho global ?

Dans un tweet publié dans la soirée du 14 mars 2021, A. Loez a diffusé quelques coupures de presse de L’Humanité, du Petit parisien ou encore du Temps, journaux datés du 28 au 30 mai 1921 et ayant pour but d’illustrer les traitements différenciés du cinquantième anniversaire de la Commune de Paris et, en l’occurrence, sa répression à l’issue de la « semaine sanglante ». Le propos de cet historien est limpide : montrer comment cette commémoration fait la une du quotidien communiste, la mémoire étant l’outil politique du temps présent, et comment elle est passée sous silence par d’autres titres, suivant leurs inclinaisons idéologiques. Très pertinente, cette série de tweets appelle néanmoins quelques remarques quant au capital politique que peut représenter, en 1921, la Commune de Paris ; une dimension qui ne peut être déconnectée de la géographie de l’événement.

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