Archives par mot-clé : Genre

Le fascisme italien en Bretagne

Le stimulant ouvrage collectif que P.-L. Buzzi, S. Mourlane et P. Pinna ont dirigé et consacré au fascisme italien en France de 1919 à 1945 est de ceux qu’il faut doublement connaître, pour des raisons scientifiques d’une part, d’autre part parce qu’il permet de rappeler ce que devraient être les termes du débat public[1]. Comment en effet ne pas remarquer que ce qualificatif est aujourd’hui dans toutes les conversations ou presque, les intentions de vote prêtées aux Rassemblement national suscitant des réactions revendiquant volontiers d’être « antifascistes ». Or, que l’on aime ou non les propositions de ce parti, force est de constater qu’il ne correspond pas à la définition d’une organisation fasciste. Au départ sont en effet les faisceaux italiens de combat (Fasci italiani di combattimento, p. 17), « cellule de base » (p. 21) du Parti national fasciste bientôt doublée, dans tous les sens du terme, par l’appareil d’État (p. 21). L’origine du mouvement remonte au 23 mars 1919, jour de la fondation à Milan par Benito Mussolini des « Faisceaux italiens de combat formés de militants hostiles au socialisme, au libéralisme et au parlementarisme, déçus par le manque de concessions territoriales à l’Italie après la victoire mutilée de la Première Guerre mondiale » (p. 29). Or, en tant que structure partisane, le Rassemblement national est éloigné de cette organisation en ce qu’il repose sur une structure assez fragile et un capital militant restreint, tout du moins au regard des intentions de vote dont il est crédité à longueur de sondages. Il n’est bien entendu pas dans notre intention d’interroger la pertinence de l’importation d’un vocabulaire adapté au champ politique des années 1920-1930, époque du triomphe des partis de masse, pour décrire une ère sensiblement différente, celle de la démocratie d’opinion. La réponse est en réalité dans la question. Mais l’histoire a beau être une science sociale, démarche prétendument molle aux yeux de ses contempteurs, elle ne saurait être livrée à l’impressionnisme lexical et au manque de rigueur. Les mots ont non seulement un sens mais les définitions importent. Aussi les quelques lignes qui vont suivre se limiteront-elles à évaluer l’apport de l’ouvrage de P.-L. Buzzi, S. Mourlane et P. Pinna à la connaissance de l’influence du fascisme italien en Bretagne durant l’entre-deux-guerres.

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Pierre Lecerf, la FNACA et les racines du handisport

En tant qu’expérience sociale, le port de l’uniforme n’est pas sans témoigner d’un certain nombre de paradoxes. On ne compte plus les discours antimilitaristes assimilant la caserne à un lieu de perdition, où les conscrits sombrent dans une véritable faillite morale et cherchent volontiers à trouver le réconfort dans la dive bouteille[1]. Ancien saint-cyrien breveté mais démissionnaire et entré en politique, Adolphe Messimy en est un bon exemple. Dans le cadre des débats autour de la loi portant le service militaire à deux ans, finalement adoptée le 9 décembre 1905, il fustige ces casernes qui ne remplissent pas suffisamment leur rôle d’éducateur et « où les soldats, restés trop longtemps sous les drapeaux, s’apparentant à des soldats de métier qui ne font guère autre chose que de traîner leurs guêtres de cantines en cantines, de cabarets en cabarets, livrés à l’ oisiveté déprimante de la vie en garnison »[2].  Dans un autre genre, on connaît aussi les discours bretonistes imputant aux tranchées l’apprentissage de la boisson, manière de suggérer que l’uniforme, donc la France, rend alcoolique. Or le fait est que la caserne est non seulement un haut lieu d’éducation physique, nécessités de l’instruction obligent, mais que l’armée est un acteur méconnu de développement du sport de haut-niveau en France. Des disciplines comme l’escrime ou l’équitation ont d’ailleurs directement à voir avec « l’art de la guerre ». Mais celle-ci n’est également pas sans dommages sur les corps, plus encore au XXe siècle où l’industrialisation de la bellicosité mutile massivement les corps. L’exemple de Pierre Lecerf, blessé en Algérie en 1955 après avoir fait ses classes à Nantes et adhérent de la Fédération nationale des anciens combattants en Algérie, Maroc et Tunisie (FNACA), montre combien le monde combattant est un acteur méconnu du développement du sport paralympique, ce même jusqu’à rapporter des Jeux de Tokyo une médaille d’argent en tir à l’arc.

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Prothèse ayant équipé Eugène Chotard. Cliché Alain Amet. Collections Musée de Bretagne : 2011.0008.10.

Les prothèses d’Eugène Chotard : de la mise en œuvre du droit à réparation

Parmi les très riches collections du Musée de Bretagne se trouvent deux prothèses d’avant-bras droit ayant appartenu à un mutilé de la Grande Guerre originaire de Pipriac, Eugène Chotard. La première, très sombre et passablement rouillée, est constituée d’une armature en métal venant s’embouter sur le moignon à l’aide d’un manchon en cuir[1]. La seconde, plus récente mais aussi plus élaborée, est plus claire et peut-être plus souple, plus confortable à l’usage[2]. C’est en tout cas ce que suggère le coton qui vient sans doute adoucir le contact entre le cuir et le fer d’une part, le moignon d’autre part. Le musée conserve également une fourchette, destinée à se fixer sur la prothèse – on distingue clairement un petit trou dans le manche devant, à l’évidence, servir de point de fixation – mais d’après le témoignage de la fille d’Eugène Chotard, celui s’en est très peu servi, ayant préféré apprendre à utiliser son autre main, en l’occurrence la gauche[3]. On notera néanmoins que ce couvert orthopédique est produit par la célèbre maison d’orfèvrerie Christofle. Cet ustensile en argent, renvoyant à un univers de luxe, contraste singulièrement avec les crochets métalliques destinés à être vissés sur la prothèse, outillage rudimentaire renvoyant à une image assez ancestrale du mutilé et laissant par ricochet deviner une importante perte des capacités de préhension[4]. Là est un détail à ne pas négliger pour un individu qui, lors de son passage devant le Conseil de révision, affirme exercer la profession de charron : un métier qui consiste en la conception, la fabrication et l’entretien de voitures en bois (carioles, charrettes…), ce qui par définition suppose d’avoir de(ux) bonnes mains[5]. C’est d’ailleurs à ce moment de la réflexion qu’on réalise que la main amovible que conserve aussi le Musée de Bretagne n’a à l’évidence qu’une fonction décorative, puisqu’alliage de cuir, de bois et de plastique, elle n’est pas articulée[6]. Elle comble le vide mais ne remplace pas les fonctionnalités du membre perdu. Faute de témoignage plus détaillé du mutilé quant à son amputation et sa prothèse, il n’est toutefois guère possible d’aller plus loin dans une histoire de ces objets et de leur usage. Mais, en revenant aux sources mêmes du parcours militaire d’Eugène Chotard, il est en revanche possible de deviner une chronologie de la prise en charge des « intérêts matériels et moraux » de cet ancien combattant, pour reprendre la formule consacrée, qui n’est pas sans interroger.

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Saisir la Grande Guerre en couleurs : un défi pour l’historien

Cette anecdote résume bien le paradoxe des couleurs de la Grande Guerre. Conseiller scientifique pour un documentaire prévu pour être diffusé en prime time à l’occasion du 11 novembre 2024, j’ai vite saisi que la colorisation des archives s’imposait. La chaîne refusait en effet de proposer un film en noir et blanc à une heure de grande écoute, et cette contrainte était déjà acceptée par toute l’équipe de production. Restait donc à retrouver les couleurs de la Grande Guerre — une tâche bien plus ardue qu’il n’y paraît. Profitons d’ailleurs de l’occasion pour avancer l’idée que cette question est vraisemblablement très largement périmée puisqu’il est probable que l’injonction se pose en des termes très différents aujourd’hui. En effet, la réticence de l’historien – car ne nous y trompons pas, il s’agit bien d’un être structurellement réticent ! – porte probablement moins en 2026 sur la colorisation d’images que sur leur génération par une intelligence artificielle. Or, là encore, sans doute faut-il faire preuve de souplesse et se garder de tout rejet a priori de l’innovation, sauf à vouloir tomber absolument dans le piège de l’illusion technologique. L’historiographique de la Grande Guerre montre en effet combien la nécessaire illustration du conflit par et pour les organes de presse de l’époque pose déjà les termes d’une équation autrement plus complexe que la simple dichotomie « vrai / faux » pour faire intervenir des termes tels que « vraisemblable » ou « plausible »[1]. C’est dire donc si la question des couleurs doit être appréhendée dans un spectre éminemment subtil et qui, surtout et contrairement à ce que l’on veut trop souvent penser, n’a rien d’inédit.

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Colloque : Services militaires et mobilisations (fin XIXe – XXIe siècles)

L’invasion de l’Ukraine par la Russie en février 2022 puis l’élection de Donald Trump pour un nouveau mandat de président des États-Unis provoquent en Europe un renouveau du débat sur la conscription et, plus généralement, sur les mobilisations de type militaire. Pour autant, le retour pur et simple au temps du service militaire, tel qu’il peut exister en France dans la première moitié du XXe siècle, n’est pas envisageable. Les années 1968 et la perte de poids de ce régime spécifique de citoyenneté qu’est le port de l’uniforme, autrement dit l’affranchissement du fait militaire et guerrier qui s’observe dans la péninsule armoricaine comme au sein de toutes les démocraties libérales occidentales d’alors, impose de trouver une nouvelle voie. Ainsi, annonçant le 27 novembre 2025 à Varces (Isère) l’instauration d’un « service national, volontaire et purement militaire », Emmanuel Macron déclare : « Nous ne pouvons pas revenir au temps de la conscription, mais nous avons besoin de mobilisation ». À en croire le Président de la République, qui repousse l’universel en la matière au motif que « nos armées n’ont plus vocation à encadrer ni à accueillir la totalité d’une classe d’âge, ce qui représente entre 600 000 et 800 000 jeunes », ce modèle contribuera à maintenir la France dans son statut d’armée « la plus efficace d’Europe ». Il ne fait pas de doute qu’une telle mesure renvoie pour une assez large part à des considérations de politique intérieure et entre en résonnance avec un imaginaire associant à la conscription l’endurance du soldat. Comme si, en définitive, le retour de la perspective de la haute intensité imposait le recours à des solutions déjà éprouvées. Cette perpétuation du mythe de la levée en masse est d’ailleurs pleinement assumée par le Président puisqu’il s’agit, à l’en croire, d’être « fidèle, en cela, à cette chaîne des temps qui relie les volontaires de l’an II jusqu’aux maquisards des Glières et du Vercors », en passant serait-on tenté d’ajouter par les champs de bataille de Verdun et de la Somme.

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Carte postale, collection particulière (détail).

Marthe Dupuy : chroniqueuse de genre ou de guerre ?

Quand les lecteurs de L’Ouest-Éclair découvrent, le 7 février 1916, le nom de Marthe Dupuy dans leur quotidien favori, signature d’une « chronique féminine » consacrée à l’enfance gâchée par la guerre – sous-entendu l’Allemagne, étant acquis que c’est elle qui en est responsable – rares sont sans doute ceux qui identifient cette poétesse, lauréate en 1904 du prix Sully-Prdhomme[1]. Aujourd’hui encore cette artiste reste très largement méconnue et même l’Académie française, qui lui décerne en 1951 le prix Saint-Cricq-Theis n’est guère prolixe à son propos. Mais il n’en demeure pas moins que la série d’articles que cette femme publie dans L’Ouest-Éclair au cours de l’année 1916 – enrichie d’une contribution supplémentaire en avril 1917[2] – fournit matière à bien des réflexions à qui s’intéresse à l’histoire de ce quotidien pendant la Grande Guerre. Dans un article publié au début des années 2000, l’historien D. Guyvarc’h a montré combien les éditoriaux que Marthe Dupuy signe pour L’Ouest-Éclair relèvent d’une certaine ambiguïté sur le fond, et participent en définitive d’une véritable division sexuelle du travail journalistique[3]. Néanmoins, les progrès de l’historiographie d’une part, de la numérisation de cette source d’une extraordinaire richesse d’autre part qu’est la presse, permettent sans doute de proposer une analyse plus nuancée. Il est à cet égard notable que le titre de « chronique féminie » employé le 7 février 1916 pour introduire son propos n’est employé… qu’une seule fois.

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Marketer la Bretagne : une petite histoire (militaire) entre romantisme et culture de masse

La marque Bretagne est de création récente. Si l’on s’en tient au récit diffusé sur le site officiel de cette enseigne, l’idée de « brander » cet espace émerge manifestement au cours des années 2000, quand la région éponyme « constate que l’économie et le tourisme ont des enjeux et des problématiques communs liés à l’identité de la Bretagne et à son attractivité ». En d’autres termes, il s’agit là d’une politique publique de communication qui s’insère à la fois dans une réalité décentralisée et dans une économie résolument connectée puisque le constat de départ est celui d’une concurrence désormais mondialisée entre « territoires ». Pour autant, ceci ne signifie pas que la Bretagne ne soit pas, et ce depuis fort longtemps, un élément essentiel de communication. Ainsi, au XIXe siècle, elle est à la fois le support de discours publicitaires destinés à vendre des produits de grande consommation comme du savon, des huitres, du thon en boite, des bicyclettes, de l’eau-de-vie, des briquettes allume-feu pour le chauffage ou encore du vin sans oublier des biscuits – que l’on songe par exemple à Lefevre Utile – et l’objet même de cette stratégie dans le cadre de campagnes de promotion de ce que l’on ne nomme pas encore le tourisme – la massification induite par la « civilisation des loisirs » apparaissant avec la seconde moitié du XXe siècle n’est pas encore advenue – mais la villégiature.

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Cérémonie commémorative, sans lieu ni date. Collection particulière.

Naissance de la FNAA22 (1958-1962)

Si l’histoire des grandes associations d’anciens combattants et victimes de guerre est globalement connue, celle de leurs délégations locales l’est beaucoup moins. Il est vrai que d’un département à l’autre, la situation peut grandement changer, ce qui vient considérablement complexifier la donne. C’est ainsi par exemple que je rappelais récemment dans un papier qu’en Bretagne, la situation de la Fédération nationale des anciens combattants en Algérie, Maroc et Tunisie (FNACA) pouvait grandement varier, dix ans après le 19 mars 1962, d’un département à l’autre : si cette association est déjà bien structurée dans les Côtes-du-Nord, et ce depuis longtemps, tel n’est pas le cas à Rennes puisqu’il faut attendre le 12 mars 1972 pour que soit créée une section locale, confiée à la présidence de Robert Rouault[1]. Dès lors quels peuvent être les facteurs qui permettent d’expliquer ces variations locales ? Nous j’en avancerai ici deux principaux.

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Vue panoramique de l'hôtel de la préfecture du Morbihan à Vannes (carte postale, début du XXe siècle). Musée de Bretagne : 970.0049.13949.

A propos de l’arrivée en Morbihan d’Alfred Roth (1909)

Aujourd’hui, le nom d’Alfred Roth n’évoque plus grand-chose. Seuls quelques érudits se rappellent que ce préfet du Morbihan trouve la mort pendant la bataille de la Somme, en tant que sous-lieutenant du 69e RI. C’est donc d’une figure du sacrifice pour la patrie dont il s’agit. Là est d’ailleurs le sens du buste qui est réalisé en son honneur à la fin de la Grande Guerre et qui, un siècle après les faits, trône toujours dans une des salles de la préfecture, à Vannes. Mais, la mémoire étant autant outil politique du temps présent qu’organisation de l’oubli, cette mise en lumière de cette glorieuse mort au champ d’honneur a aussi pour corollaire de plonger dans l’ombre l’action de ce représentant de l’État et, pour ce qui nous intéressera ici, la haine difficilement imaginable suscitée par l’arrivée de ce haut-fonctionnaire en Morbihan. En témoigne la presse, essentiellement morbihannaise, de la seconde partie de l’année 1909.

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Carte de Séoul (détail, 1890). MacLean Collection Map Library.

Des Bretons et de la Corée en 1866

L’expédition française menée en Corée à l’automne 1866 ne compte certainement pas parmi les faits d’armes les mieux ancrés dans la mémoire collective : ceci ne se discute même pas. Pour autant, le témoignage de la guerre de 1870, conservé au Service historique de la Défense et récemment publié, de Ferdinand Roze, fils du contre-amiral Pierre-Gustave Roze qui la mène, prouve qu’elle n’est pas complètement sans lendemain : non seulement cette descente est connue mais on lui en parle alors qu’il sert en tant fusilier-marin au fort de Montrouge, pendant le siège de Paris. Mieux encore pour ce qui nous intéresse dans le cadre de ce carnet de recherche essentiellement dédié à l’étude du fait militaire et guerrier en relation avec la péninsule armoricaine, cette affaire coréenne semble associée, au moins dans une certaine mesure, aux Bretons[1]. D’où l’idée d’essayer de mesurer ce que l’Hermine peut savoir en 1866 de cette incursion française au « Pays du matin calme ».

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Collection Musée de Bretagne : 995.0008.3437.

A propos d’une faveur obtenue pour un ancien poilu

Il est difficile de comprendre la société française – et donc pour ce qui nous intéresse ici bretonne – des années 1920-1930 sans en passer par l’ombre portée de la séquence 1914-1918 et le poids du deuil. Il y a le deuil des morts pour la France bien entendu mais aussi celui de ces années passées en tranchées, en d’autres termes d’une jeunesse perdue et d’une époque que l’on ne qualifie pas encore de belle – cela viendra après la Seconde Guerre mondiale – mais que l’on regarde déjà rétrospectivement comme heureuse car non encore souillée par une guerre devenue industrielle et synonyme de déshumanisation du champ de bataille. C’est cette réalité que heurte de plein fouet le commentaire anonyme publié le 25 juin 1922 à la suite des obsèques de Jean-Baptiste Prioux, maire de Guilliers, conseiller d’arrondissement et ancien combattant de la Grande Guerre[1]. À peine 25 lignes publiées en dernière page du Courrier de Pontivy et qui ne manquent pas de faire surgir un certain nombre d’interrogations chez qui les lit.

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Le Second Empire en Bretagne : un stimulant état des connaissances

Fruit du labeur des étudiants de l’Université du temps libre de Bretagne, cette synthèse sur le Second Empire dans la péninsule armoricaine publiée aux Presses universitaires de Rennes est doublement bienvenue[1]. D’abord parce que si la bibliographie sur le sujet est conséquente, elle n’en comporte pas moins un certain nombre d’angles morts qui rendent éminemment utile cet état des connaissances. Ensuite parce que les récentes menées identitaires autour de l’exposition Celtique ? du Musée de Bretagne ont rappelé combien le XIXe siècle est une période pour une large partie fantasmée . Conséquence malheureusement logique, elle sert de support à un récit victimaire non dénué d’arrière-pensées politiques, et en tout état de cause aux antipodes de ce que montre l’historiographie. C’est dire donc si cet ouvrage est précieux.

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Portrait de Paul Féval publié le 20 mars 1887 en première page du Journal illustré (détail). Collections Musée de Bretagne : 887.0007.

Paul Féval, critique de l’armée française de 1870-1871 ?

Parmi les sources particulièrement difficiles d’emploi figurent les œuvres littéraires. Il est en effet très tentant de voir dans telle ou telle page une allusion au sujet sur lequel on entend travailler ce qui, en creux, souligne le risque de surinterprétation, d’extrapolation à partir de bribes, voir même de contresens. Car si la discipline historique consiste en une objectivation des subjectivités, elle ne peut procéder sur du vide. Pour pouvoir avancer qu’un roman, d’abord publié en feuilleton, comme Le Dernier vivant de Paul Féval, constitue par certains passages une critique acerbe de l’armée française de 1870 et de ses filières d’approvisionnement, il faut des preuves attestant que là est, véritablement, l’intention du romancier[1]. Or, en l’état actuel des connaissances, celles-ci manquent cruellement.

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Quelques réflexions sur l’indexation collaborative à partir de la prosopographie d’un régiment dans la Grande Guerre

J’ai eu l’honneur et le privilège d’être invité par la Caverne du Dragon et F. Viltart à participer à une journée d’études intitulée 14-18 sur le web : Archives en ligne & généalogie. À cette occasion, j’ai pu revenir sur l’expérience accumulée au cours de ma thèse sur deux types d’archives, la fiche de mort pour la France d’une part, la fiche matricule de recrutement d’autre part. Ceci m’a permis de revenir sur le manque fondamental d’intérêt que porte l’histoire académique à ces sources, la discipline tendant à privilégier l’histoire de la guerre au détriment de celle des armées. Dès lors, il n’est pas étonnant que l’indexation collaborative – celle engagée par le défi 1 jour 1 poilu pour les fiches de morts pour la France mais aussi les programmes en cours se rapportant aux fiches matricules de recrutement – échappe complètement à la recherche universitaire, quand bien même celle-ci se piquerait d’humanités dites numériques. Pourtant, il y a là une pratique nouvelle qui, à mon humble avis, doit intéresser les sciences sociales bien au-delà des éventuelles retombées historiographiques qu’il y a en attendre.

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Arch. dép. Morbihan : P 1244, télégramme reçu en préfecture du Morbihan le 30 juin 1915.

De la perception de l’archive sur l’impôt en Grande Guerre

La dimension financière de la Grande Guerre est un aspect fort négligé par l’historiographie, chose que l’on peut du reste regretter. Il y a bien les volumes publiés par le Comité pour l’histoire économique et financière de la France mais ces précieuses synthèses opèrent la plupart du temps dans un cadre national[1]. Pourtant, l’historien J.-L. Mastin a démontré il y a peu tout l’intérêt d’une focale resserrée pour mieux saisir la conduite des agents économiques, en l’occurrence les patrons de la place de Lille, entrepreneurs qui, pour ce qui nous intéressera ici, sont aussi des contribuables[2]. En ce qui concerne la péninsule armoricaine, je n’ai pas connaissance de travaux interrogeant la fiscalité et la perception des taxes et des impôts à l’exception des recherches de B. Touchelay sur la contribution exceptionnelle sur les bénéfices de guerre en Ille-et-Vilaine : c’est dire s’il s’agit là d’un territoire encore vierge[3]. C’est donc muni de ce seul constat, ou presque, que je me suis rendu aux Archives départementales du Morbihan pour sonder la série P, dévolue justement aux finances, au cadastre et aux postes. Si la séance ne s’est pas révélée aussi fructueuse que je l’espérais, elle n’en a pas moins délivré quelques enseignements qu’il n’est peut-être pas inutile de partager sur ce carnet de recherches.

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Carte de la Bretagne (détail) par Félix Benoist, XIXe siècle. Collections Musée de Bretagne : 2017.0000.6434.

Pour une histoire connectée de la Bretagne en 1870-1871

La presse en tant que source est, pour qui travaille sur la période contemporaine, et ce quel que soit ou presque le sujet envisagé, une évidence. Le journal est quasiment un réflexe de la sagacité historienne tant nombreuses sont les informations que l’on peut y puiser. Pourtant, l’archive n’est pas non plus sans biais, notamment lorsqu’il est question d’approches genrées. Contrairement à la figure de la munitionnette pendant 1914-1918, l’ouvrière d’arsenal n’est absolument pas mise en lumière, alors qu’un certain nombre d’annonces publiées dans la presse montrent qu’elles sont recherchées par les industries de guerre, notamment pour la confection des cartouches et des obus[1]. Elles sont d’ailleurs présentes en nombre au sein des ateliers de production, comme le démontre le bilan publié par le Phare de la Loire à la suite de l’explosion, le 15 novembre 1870, d’une de ces fabriques situées près du pont de Pirmil, à Nantes[2]. Là chose est connue et je ne souhaite pas insister outre mesure sur ce point[3]. En revanche, ce qui me paraît intéressant de rappeler, c’est combien la presse témoigne d’un système médiatique globalisé reposant sur une grande circulation de l’information. Or, lorsqu’on s’intéresse à la séquence 1870-1871, cette réalité contrevient frontalement à la représentation victimaire propagée par l’historiographie identitaire bretonne, grille de lecture postulant une péninsule armoricaine coupée du monde et entièrement ou presque anéantie – volontairement de surcroît – à Conlie. Indépendamment de ce qu’elle peut dire, ou ne pas dire, c’est donc aussi en tant que réalité technique, économique et culturelle que la presse est riche d’enseignements.

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Rencontre avec Raphaëlle Branche

J’aurai la chance d’animer, mercredi 1er juin, à Rennes, pour l’Université du temps libre, une rencontre avec l’historienne spécialiste de la guerre d’Algérie Raphaëlle Branche. Il y sera bien entendu question de son dernier livre, ouvrage ayant reçu en 2020 le prestigieux prix Augustin Thierry décerné chaque année lors des Rendez-vous de l’Histoire de Blois, mais, plus encore, de son parcours ; celui d’une universitaire ayant été élue au début des années 2000 maîtresse de conférences à l’Université Rennes 2 mais aussi celui d’une femme dont les travaux se situent au cœur même de la violence de guerre. Or quiconque connaît un peu l’histoire du fait militaire et guerrier sait que cela n’est pas chose si courante, le champ demeurant encore fort marqué par des logiques de genre.

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Céline, poilu ordinaire ?

La publication le 5 mai 2022 d’un roman inédit de Louis-Ferdinand Céline, Guerre, a constitué un événement comme les aime tant le Landerneau des arts et lettres[1]. Mais quid de l’histoire ? En effet, ce texte ne constitue-t-il pas aussi une source, à l’instar des œuvres d’autres grands écrivains combattants comme Maurice Genevoix et Roland Dorgelès, à l’instar aussi d’autres livres produits par des auteurs compromis dans la collaboration ? Et l’on songe, immédiatement ou presque, à la Comédie de Charleroi de Pierre Drieu la Rochelle, roman publié d’ailleurs au moment où Céline écrit Guerre[2]. Question évidente à la réponse qui l’est tout autant mais approche qui, curieusement, ne semble pas avoir retenu l’attention tant les débats, à dire vrai, se sont cantonnés à une sorte de positivisme célinomaniaque n’apportant, en définitive, pas grand-chose. C’est pourtant sous l’angle de l’histoire du fait militaire et guerrier, et plus singulièrement encore de la Bretagne tant les références à la péninsule armoricaine sont nombreuses dans ce roman, que je souhaite aborder ici ce qui à mes yeux est aussi une archive.

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Couverture de la "Simple histoire 1914, 1915, 1016, 1917, 1918" de Pierre Galle. Collections Musée de Bretagne : 992.0042.1.

Pierre Galle et l’odyssée de la Grande Guerre

Appartenant à la même génération que Mathurin Méheut, Camille Godet ou encore Jean-Julien Lemordant, Pierre Galle est pourtant nettement moins connu que ses anciens condisciples de l’École régionale des Beaux-Arts de Rennes qui comptent parmi les plus célèbres peintres-combattants de la Grande Guerre. Artiste à la fibre régionale affirmée et affectionnant particulièrement les paysages entourant le chef-lieu du département d’Ille-et-Vilaine, ce fils d’horloger n’est pas non plus complètement étranger au fait militaire et guerrier[1]. En témoigne notamment un carnet conservé par le Musée de Bretagne et sobrement intitulé Simple histoire 1914-1915-1916-1917-1918, album composé de 8 dessins et archive absolument fascinante pour qui sait la lire[2]. Indépendamment des qualités artistiques de cette œuvre, ce dont nous ne sommes pas en mesure de rendre compte, il s’agit là en effet d’une source exceptionnelle.

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L’axe de l’angle mort : à propos d’un jouet de guerre

Avoir des beaux-parents brocanteurs, quand on est historien, c’est à coup sûr être régulièrement confronté à des casse-têtes relatifs à telle ou telle « vieillerie » qu’il faut dater, expliquer, contextualiser, pour mieux pouvoir la vendre. Si je ne suis pas certain de l’exacte valeur ajoutée en espèces sonnantes et trébuchantes de mes analyses, c’est à chaque fois un réel plaisir de me confronter à cette histoire par l’objet qui est d’ailleurs beaucoup plus difficile à pratiquer que ce que l’on pourrait de prime abord croire. C’est ce que rappelle un petit jouet, datant le plus vraisemblablement des années 1940, intitulé « L’Axe » et dont je dois avouer que je ne sais à peu près rien, sauf qu’il est absolument passionnant ![1]

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Intertextualités des combattants juvéniles de la Grande Guerre

Au sujet des travaux faisant référence sur l’enfance en Grande Guerre on, connaît bien entendu les recherches de Manon Pignot[1]. Il faudra désormais ajouter à ce corpus bibliographique le remarquable ouvrage que D. Aranda consacre aux combattants juvéniles dans la littérature française entre 1914 et 1918, volume qui dépasse d’ailleurs très largement le cadre de son objet en en soulignant toute la complexité[2]. Là est d’ailleurs un point qu’il convient de souligner d’emblée puisque, relevant pour l’essentiel de la littérature populaire (p. 5), ces figures romanesques ne constituent pas nécessairement un sujet d’enquête dont la légitimité va de soi. Avec ce livre, l’auteur – maître de conférences en langue et littérature française à l’Université de Nantes – lui redonne ses lettres de noblesse et, mieux, en rappelle toute la portée heuristique. En effet, loin d’être considérée en vase clos, cette figure littéraire du combattant juvénile est appréhendée par une constante intertextualité qui constitue, par bien des égards, une fort convaincante leçon de méthode.

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Une histoire méthodique d’Alliance

Osons ici l’idée qu’il y a des histoires plus difficiles que d’autres à écrire, celle des organisations clandestines et notamment des réseaux de Résistance comptant assurément parmi les plus ardues. C’est précisément le sentiment qui reste dans la bouche du lecteur après avoir lu les plus de 600 pages de la monographie d’Alliance que G. Caraes publie aux Editions Ouest-France, volume touffu et dense qui ne manquera pas d’être utile aux historiens de la Seconde Guerre mondiale, aux prosopographes en particulier, mais qui peinera sans doute à dépasser le statut – déjà fort honorable par ailleurs – de précieux outil de travail[1].

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Faire face à la défaite 1870-1945

Le Service Historique de la Défense (Vincennes), le Centre Marc Bloch (Berlin), le Centre d’Histoire Espaces et Cultures de l’Université de Clermont-Auvergne (Clermont-Ferrand), l’Institut Historique Allemand (Paris), le Centre International de Recherche de l’Historial de la Grande Guerre / Université de Picardie-Jules Verne (Péronne) et le Zentrum für Militärgeschischte und Sozialwissenshaft der Bundeswehr (Potsdam) organisent les 6 et 7 septembre 2021 le colloque international « Faire face à la défaite 1870-1945. Soixante-quinze ans d’histoire franco-allemande ». Le programme est particulièrement riche et cette thématique ouvre, bien entendu, de nombreuses possibilités. Mettre en perspective la défaite dans le cadre des guerres franco-allemandes de 1870 à 1945, c’est bien entendu se doter d’outils de comparaison pour analyser d’autres conflits. Pour la période qui nous intéresse, on songe bien entendu à l’Indochine (1946-1954) et à l’Algérie (1954-1962). Mais c’est surtout confronter les trajectoires individuelles passant par la péninsule armoricaine à d’autres parcours s’inscrivant dans d’autres espaces et observer s’ils divergent ou non et selon quelles modalités.

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Rendez-vous à Meaux le 2 juillet prochain !

Chaque année depuis 2013, le Musée de la Grande Guerre de Meaux, en Seine-et-Marne, organise en partenariat avec l’Association des professeurs d’histoire-géographie, une université d’été. Ouverte à toutes et tous, cette manifestation entend participer aux réflexions et avancées de la recherche historique sur ce conflit en réunissant des intervenants aux profils divers : historiens, bien entendu, mais également professionnels du patrimoine ou artistes. Si cette université d’été n’a pu se tenir l’année dernière du fait de la crise sanitaire liée au Covid-19, le thème des familles a été abordé en 2018, tandis que l’année précédente c’est 1917 qui focalisait l’attention. Le 2 juillet 2021, les intervenants, dont j’aurai l’honneur et le plaisir de faire partie, réfléchirons à la question du récit.

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Oeuvre d'Auguste Nayel (détail). Archives Elisabeth Loir-Mongazon.

D’une guerre à l’autre : 1870 pour mieux comprendre 1914-1918

Sur une invitation de la Région Bretagne, j’ai eu le plaisir de donner le 23 septembre 2020, au Ti Ar Vro de Saint-Brieuc et dans le cadre des Journées européennes du patrimoine,  une conférence intitulée « D’une guerre à l’autre : 1870 pour mieux comprendre 1914-1918 ». Prenant acte d’une part du foisonnement des questionnements relatifs à la séquence 1870-1871, d’autre part des perspectives offertes par l’exploration de la chronologie ressentie, et non plus strictement diplomatique, du conflit, j’ai procédé à l’analyse de l’une de ces passerelles permettant de dérouler le fil de ces représentations mentales qui, comme en germination, semblent éclore pendant la Première Guerre mondiale. C’est le verbatim de cette conférence que je vous propose de découvrir dans les lignes qui suivent.

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Une étude de référence sur 1870

Disons-le clairement : l’étude que N. Bourguinat et G. Vogt proposent sous le titre La guerre franco-allemande de 1870. Une histoire globale est un ouvrage absolument remarquable et qu’il faut impérativement connaître[1]. Sous l’apparence d’une classique mais bienvenue, commémoration du 150e anniversaire oblige, synthèse, les auteurs offrent un regard très neuf sur ce conflit. L’approche connectée de cette guerre pourrait de prime abord faire craindre à un effet de mode. Elle se montre ici éminemment profitable car, et c’est là une dimension trop souvent oubliée, « les résonances internationales de ce choc entre deux grandes nations européennes […] permettent de donner la mesure de son rayonnement en tant qu’événement global sollicitant et mobilisant les opinions publiques bien au-delà du Vieux continent et même de l’aire atlantique » (p. 12). Deux éléments frappent néanmoins tout particulièrement à la lecture de ce volume.

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De la poche au front (ou inversement ?)

Actes d’un colloque tenu à Saint-Nazaire du 11 au 13 mai 2015 dans le cadre de la commémoration du 70e anniversaire de la Libération de la poche éponyme, cet ouvrage collectif dirigé par M. Catala est intéressant à plus d’un titre[1]. Tout d’abord, il vient confirmer que non seulement la demande sociale de mémoire n’est pas l’ennemie de l’histoire, bien au contraire, mais qu’elle peut jouer un véritable rôle moteur dans la recherche. Le volume que nous avons entre les mains est en effet particulièrement bienvenu tant il s’inscrit dans un champ peu labouré et vient, à cet égard, combler un vide certain[2]. L’histoire des poches de résistance allemande à la fin de la Seconde Guerre mondiale a pour l’heure peu mobilisé et ce volume mariant subtilement les jeux d’échelles, les approches militaires, politiques, culturelles ou encore judiciaires, par des historiens professionnels ou « amateurs », est une incontestable réussite.

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Briquet en or Flaminaire. Collection particulière.

Fête des pères, briquets et nouvelle masculinité

C’est une affiche publicitaire de 1959 qui le proclame fièrement : « Louison Bobet a déjà reçu son cadeau de fête des pères: un Flaminaire! Car dimanche prochain, 21 juin, il ne sera plus là auprès de ses enfants… Il court ». Un Flaminaire ? Autrement dit un briquet à gaz produit par l’entreprise du même nom qui, sur un véritable coup de génie marketing, invente la fête des pères et offre à l’historien, par la même occasion, un passionnant sujet à explorer[1].

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