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Georges Rovani : poilu parmi les célébrités combattantes

Ces « Mémoires d’un jeune soldat » nommé Georges Rovani sont intéressantes à plus d’un titre[1]. En premier lieu, il importe de souligner la qualité physique de ce livre : une belle édition, avec de gros caractères d’imprimerie afin que le texte soit accessible à tous les publics, y compris les moins bien voyants. C’est là une initiative qu’il faut saluer. Il faut également préciser que ce volume est le fruit du travail d’une étudiante de la filière Métiers du livre et éditions de Rennes 2, Bérénice Cressard. Ceci implique qu’il soit publié à titre associatif, et c’est du reste pour cela que j’en rends compte sur ce carnet de recherche alors qu’il n’a pas fait l’objet d’un service de presse. Mais là n’est sans doute pas l’essentiel. En effet, ce texte est avant tout une source extrêmement intéressante qui vient avantageusement enrichir le corpus déjà fort volumineux des témoignages d’anciens combattants de la Grande Guerre.

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Portrait d'Henry Coutant en "une" de Paris-Soir, édition du 1er janvier 1924 (détail). Gallica / Bibliothèque nationale de France.

Henry Coutant, journaliste breton ?

Puisque fondé à Rennes à l’occasion du procès en révision du capitaine Alfred Dreyfus devant le Conseil de guerre de la 10e région militaire, il est convenu de qualifier le quotidien L’Ouest-Éclair de breton. Il est vrai que cette entreprise ne lésine pas sur la fibre régionaliste, tant en soutenant nombre d’artistes locaux qu’en se muant en ardant promoteur du secteur touristique. Pour autant, là comme en toute chose, la mesure doit demeurer et la bretonnité de ce titre doit être nuancée. Passons rapidement sur le fait que le journal de la veille de la Seconde Guerre mondiale n’a plus grand-chose à voir avec celui de 1899, notamment du fait de ses éditions locales, à Nantes à partir de 1915, mais aussi à Caen à partir de 1912 – en Normandie donc. Rappelons d’ailleurs que ce titre se présente alors comme étant « de la Bretagne et de l’Ouest ». En 1909, il revendique 500 000 lecteurs quotidiens sur 11 départements (de la Manche au Maine-et-Loire, du Finistère à l’Orne et la Sarthe) répartis dans 2 300 communes et affirme aux annonceurs : « La Publicité de L’Ouest-Éclair est la plus importante de la Région et la moins chère de tous les journaux français en proportion de la valeur de chacun d’eux »[1]. Si la rue du Pré-Botté demeure le centre névralgique de la galaxie L’Ouest-Éclair, celle-ci s’étend bien au-delà des frontières de la péninsule armoricaine. Aussi est-ce d’ailleurs pourquoi elle n’emploie pas que – loin de là du reste – des Bretons, même si on se gardera bien de donner une définition trop stricte de ce terme par bien des égards trop difficile d’emploi pour être complètement opérant en sciences sociales. Toujours est-il qu’Henry Coutant ne se définit assurément pas comme tel puisqu’il se révèle être un ardent promoteur de l’identité angevine… tout en étant une des grandes plumes de L’Ouest-Éclair. C’est d’ailleurs lui qui, officiant en tant que « Directeur de l’Agence Parisienne » de ce journal, est l’envoyé spécial du quotidien rennais sur le front anglais au cours de l’été 1916, ce qui le conduit à rendre compte, à la première personne du singulier, d’une partie de la bataille de la Somme[2]. Bien que revendiquant un ancrage local, L’Ouest-Éclair, avec Henry Coutant, confie la couverture de cet événement à un Angevin « monté à la capitale » et diffuse ses reportages dans ses éditions rennaise, nantaise et caennaise. On mesure donc combien la bretonnité de ce journal doit être nuancée et, en définitive, approchée avec circonspection.

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Une riche monographie départementale

La synthèse que J. Martin consacre aux excellentes éditions À l’ombre des mots relève d’une démarche dont on ne peut que regretter qu’elle ne soit pas plus en vogue tant elle est utile : une monographie du département des Côtes-du-Nord au XIXe siècle, exercice qui n’avait pas été mené depuis… 1926 ! (p. 11)[1] C’est dire s’il y a à apprendre dans ce volume, y compris pour qui s’intéresse au fait militaire et guerrier. Si celui-ci ne constitue pas le sujet premier de ce livre, le fait est que cet ouvrage y fait régulièrement référence, ce qui par ailleurs confirme sa centralité.

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Nouvelles approches sur la guerre du Rif

S’il est un conflit méconnu et n’ayant sans doute pas assez attiré l’attention des chercheurs, c’est bien la guerre du Rif. Perdue dans le sillage de la Grande Guerre et en même temps premier signe avant-coureur des conflits de décolonisation, sans compter qu’elle se déroule loin de la métropole, cette guerre n’en intéresse pas moins les Bretons comme le rappelle l’exemple d’un Tanguy Le Gentil de Rosmorduc qui y participe. C’est dire toute l’attention avec laquelle on suivra le colloque international qui se déroulera du 17 au 19 novembre 2021 à Aix-en-Provence, manifestation qu’il sera possible de suivre à distance via Zoom.

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Une prosopographie aux rayons X (1901)

L’idée sous-tendant l’ouvrage que publie l’historien H. Joly est aussi simple qu’efficace : ausculter méthodiquement le destin des 180 élèves de la promotion 1901 de l’École polytechnique et, à partir de cette minutieuse prosopographie, proposer une analyse fine de cette jeunesse brillante et appelée, par la grâce d’un concours, à assurer les plus hautes fonctions[1]. Cette intention est d’ailleurs rappelée par la formule choc « Ils étaient l’élite de la Belle Époque. Qu’ont-ils accompli ?» figurant sur la couverture de l’ouvrage. En d’autres termes, il s’agit de vérifier « preuve à l’appui » si cette « noblesse républicaine » (p. 15) est bel et bien digne du piédestal sur lequel elle trône. C’est parce que l’excellence est une notion subjective (p. 24) que porter un tel regard critique est nécessaire.

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